“Falstaff “de Verdi: tel est pris celui qui croyait prendre…

Mercredi 27 Février 2019- MET Opera house /Wednesday February 27th 2019 “Falstaff” by Verdi: to get a taste of one’s own medecine…

Cette semaine les amis, nous retournons à l’opéra (entre autres), pour découvrir une oeuvre joyeuse, cette semaine encore!

Top!

Et Mercredi soir dernier donc, je découvrais avec quelques camarades, le dernier opéra de Verdi; hyper “farce”; et un peu grinçant, par moments; sur le thème riche du bonheur; durable; familial; parfois amoureux; et parfois amical; et qui s’obtiennent, tous; le plus souvent (heureusement); de façon élégante, et morale; l’univers déjouant toujours; au bout d’un temps; toute noirceur; et offrant toujours; une rédemption pour tous ceux, prêts à progresser.

Ouf!

Il s’agit donc du très joyeux et philosophique, et heureux lui aussi; en fine; “Falstaff”; en trois actes, de Verdi; au libretto hyper poétique, de Boito (qui fut souvent; y compris pour “Otello”; un librettiste de prédilection pour le grand Verdi; comme vous vous en souviendrez peut-être).

Et cette pièce de théâtre lyrique plus qu’un opéra classique (c’est surtout du théâtre mis en musique; amusant et léger); très deuxième degré pour faire rire le public; et ça marche; car c’est très comique, souvent désopilant; s’inspire de multiples oeuvres de Shakespeare: “The Merry wives of Windsor” et “Henry IV”; revues et corrigées; de façon joyeuse et heureuse; pour cet opéra par Verdi (qui connaissaient bien, son librettiste et lui-même; la nature humaine; par moment, imparfaite; mais le plus souvent formidable); de manière à démontrer (pour moi, en tous cas); que Falstaff, ce chevalier déluré, amoral; épicurien; et “arriviste” et très entouré; au début de l’histoire; et le plus souvent, hyper joyeux; se révèle finalement; plein de sagesse, de philosophie et d’humour; peut s’améliorer; et peut même le décider; d’un coup d’un seul; sans aucun drame, en fine.

Ouf et bravo!

Donc, pour vous résumer l’intrigue de Falstaff; en deux coups de cuiller à pot; Falstaff, c’est une histoire simple et gaie, se déroulant au XVème siècle; à Windsor; celle d’un chevalier porté sur la boisson et la bonne chair; qui “drague” via une lettre d’amour identique, simultanément deux femmes mariées: Alice Ford et Meg Page; en espérant arriver à ses fins, avec au moins, l’une d’entre elles; pour mettre la main sur la fortune de leurs maris.

C’est du joli tiens…

Et évidemment totalement irréaliste de la part d’un vrai “chevalier”, qui n’aurait jamais ce genre de comportements; bien évidemment; ne serait pas capable de réellement aimer plusieurs femmes à la fois, aurait certainement de nombreuses amies; certes; mais dont juste une seule; ferait réellement battre son coeur; comme Tristan et Iseult, ou Lancelot et Guenièvre…

Ah la la…

Et évidemment; avec Falstaff; tel est pris, celui qui croyait prendre.

Mais joyeusement et de façon légère, et silly, par moments; comme au théâtre italien, “englishe” ou frenchy évidemment…

Et du coup, c’est évidemment hyper “farçouille”, du coup…

Ouf!

Car Falstaff va se retrouver tel un arroseur, arrosé; puisque les deux femmes vont s’apercevoir vite, de la supercherie; et vont se liguer alors, avec une troisième comparse; Mistress Quickly (j’adore son nom ridicule); pour se venger; et un Dr Caius; tout comme Fenton; un jeune premier; totalement amoureux de la fille d’Alice, la jeune Nannetta; notre Fenton; (et rival du Dr Caius pour en rajouter une couche); avec Caius; eux aussi; vont décider de “lui jouer”; à deux reprises; un “tour”, à Falstaff; ce coureur de dot.

Ah la la…

Par ailleurs, oh immense joie…

On a également droit, donc, aussi de surcroit; à du romantisme toujours charmant, dans cet opéra; grâce à la seule véritable histoire d’amour qui s’y trouve; entre ces deux jeunes gens, heureusement; si tendre et gaie d’ailleurs; leur histoire; en supplément (et évidemment, mon passage préféré; entre Fenton et sa Nannetta, ça ne vous surprendra pas)…

Lisons un passage joli entre eux…

FENTON
You!

He rushes to kiss her. Nannetta conceals her face with a hand that Fenton kisses and binds; but Nannetta lifts her face as high as she can and Fenton tries in vain to reach her with his lips.

ANNE/NANNETTA
The aim is at the top.
Love is an agile
Tournament,
It wants the most fragile
To win the strongest.

FENTON
I get up and look at you.
I’m waiting at the gate.

ANNE/NANNETTA
The lip is the bow.

FENTON
And the kiss is the dart
And the fatal arrow
already pops up
From my mouth
On your braid.

He kisses her braid

ANNE/NANNETTA
knotting his neck with the braid, while he kisses her
Here you are.

FENTON
I ask for life!

ANNE/NANNETTA
I am wounded,
But you are won.

FENTON
Have mercy! Let’s make
Peace and then …

ANNE/NANNETTA
And then?

FENTON
If you want, let’s start again.

ANNE/NANNETTA
Beautiful is that game
That lasts a little. That’s enough.

FENTON
My love!

ANNE/NANNETTA
People are coming. Goodbye!

flees from the right.

FENTON
moving away singing
“A kissed mouth does not lose luck.”

ANNE/NANNETTA
from inside answering
“On the contrary, it renews, just as the moon does.”

Ah la la…

C’est pas charmant?

Regardons et écoutons maintenant aussi; un autre passage magnifique; de Fenton pour sa Nannetta; un des seuls vrais arias de l’opéra d’ailleurs, avec celui de “Nannetta” précédant leur mariage (ce qui explique peut-être pourquoi cet opéra, plus théâtral donc qu’opératique donc; est moins aimé du public que “Rigoletto” ou “la Traviata”; également de Verdi; qui eux; en regorgent); bien que “Falstaff” cette “pièce” rigolote, “mise en musique” donc; avec une économie musicale, particulièrement magnifique donc, par Verdi; soit néanmoins très appréciée; de nombreux musiciens).

Ecoutons d’abord donc, la musique si jolie; de Verdi; et un aria hyper poétique de Fenton, où ici, Fenton déclame l’extase pour des amoureux, d’appeler en musique, à l’échange de baisers émouvants; source de joies secrètes, plongeant la nuit, dans une féerie si sublime; que les amoureux n’en entendent plus la musique; tant ils sont consumés alors; par leurs sentiments puissants…

Ah la la…

Admirons…

Et rêvons fort…


Puis, je continue avec l’histoire; pour Falstaff; des rendez-vous galants ridicules (un peu comme dans du Molière par moments), sont pris; évidemment; sans aucun du romantisme de Fenton pour sa Nannetta…

Evidemment…

Et pour le tout premier rendez-vous donc; Falstaff se retrouve à moitié “étouffé”; dans un panier de linge; chez Alice; puis jeté à l’eau, pendant que les jeunes amoureux, eux; roucoulent également, sous son nez.

Particulièrement caricatural et hyper gai évidemment…

Et la production magnifique d’après-guerre de Carsen, est particulièrement réussie et joyeuse; surtout à cet endroit-là: fantastique cuisine américaine 50’s, aux couleurs acidulées.


Pour le second rendez-vous; lui; ce rendez-vous, a lieu; dans la forêt; la nuit; au milieu de “fées”, et créatures mythiques variées, déguisées, magnifiques, et particulièrement Shakespeariennes.

Et Falstaff va finalement se rendre compte; et avec “bon esprit” d’ailleurs, qu’il a été “joué”, par ses “conquêtes” qui se sont gentiment “vengées”; et pendant que les véritables amoureux, de cette histoire; eux; au passage; réussissent aussi à “déjouer”, un mariage de raison (Nannetta potentiellement avec le Dr Caius), au profit d’un mariage d’amour (Nannetta avec son Fenton).

Bravo!

Ecoutons maintenant, le deuxième aria magnifique de Nannetta, si plein de poésie et de magie, qu’on se croirait dans un nouvel opéra.

Lisons d’abord le texte, vous allez en avoir le souffle coupé…

NANNETTA:

“On the breath of a summer breeze, scurry, agile shadows among the branches, a bluish-grey glow of the rising moon, has appeared. Dance! And may gentle steps measure a gentle sound, combining the magical dances with the song. Let us wander beneath the moon, crossing flower by flower, each crown of petals its heart, brings its good fortune. With the lilies and the violets, let us write secret names, from our enchanted hands, may words blossom…

Words illuminated by pure silver and gold…

Magic incantations and charms.

The Faeries have, for alphabet letters, flowers.”

C’est pas magnifique?

Et maintenant, écoutons ce très bel aria, dans un décor plus classique que celui de Mercredi dernier, interprété par la belle Barbara…

Quel aria vous allez voir, simple et beau…

Et quels choeurs, si jolis aussi…

https://youtu.be/Ky74TrH31_Q

Avouez que c’est charmant…

Et reprenons sur l’histoire…

A la toute fin donc; Falstaff, finalement; réalise qu’il a été dupé; mais si joliment et gentiment donc, qu’il s’en réjouit presque…

Il se comporte donc finalement, alors, du coup, pour moi; en “héros”; puisque accepte sa “défaite” avec tant de simplicité et bonne humeur, sentant que du bien meilleur l’attend, en se comportant ainsi…

Bravo!

Et en plus, il est également capable de se moquer de ses propres défauts, et de l’humour de l’existence, qui est une grande “farce” souvent; et heureux de constater aussi qu’il n’est pas le seul à avoir été gentiment “joué”; (puisque le Dr Caius l’est aussi); et est visiblement heureux aussi, surtout; le grand Falstaff; et enfin; et sans drame aucun; bravo; pour ceux qui s’aiment vraiment; car dans le fond, c’est un véritable gentil.

C’est surtout ça, qui en fait un “héros”, pour moi.

Et ainsi, il dépasse, pour moi; du coup; son “arrivisme” de départ, qui en fait, ne lui ressemble nullement; évidemment puisque c’est un chevalier; en réalisant; et en induisant; par ce nouveau comportement; qu’évidemment, les plus belle choses de la vie, ça n’est pas tant, le confort matériel (bien qu’évidemment, ça compte aussi; et il faut y travailler); mais c’est surtout, bien évidemment; de faire grandir le bonheur, et la beauté sous toutes ses formes; et en particulier le “vrai” amour; entre les êtres; simple et magnifique; de mille manières; quand il surgit; et à nourrir régulièrement évidemment; mais que l’amitié aussi, néanmoins; et elle aussi; sous toutes ses formes, aussi; sont toutes deux, à faire croitre; et toujours sans drame, et sans bruit; dans l’attention, la gaieté, la spontanéité, le respect et l’authenticité; la construction progressive, et sans attentes particulières; mais dans l’engagement de donner de la joie surtout, à l’autre (et en donnant on reçoit comme chacun sait; et parfois aussi, on reçoit également, sans raison, et ça aussi, c’est top); et que ce soit donc de la joie, de l’imaginaire, de l’affection, de la passion, de l’attention, de la poésie, de la musique, ou de la gentillesse partagé(e)s, et de mille manières, car toutes source de félicité durable.

Bravo!

Un homme “changé” sur le tard, en somme, notre Falstaff; mais comme dirait l’autre…

Vieux motard que jamais!

Faut rire bien-sûr, mais aussi surtout, il me semble; surtout donc, toujours encourager aussi, non seulement, la gaieté, et l’optimisme; mais aussi l’envie de s’améliorer; chez chacun (c’est à dire encourager le meilleur) chez tous; et y compris en soi; c’est tellement plus gai, comme ça.

Et comme Verdi; il faut se réjouir donc, de voir Falstaff, finalement évoluer dans le bon sens (tout en gardant, toutes ses belles qualités de départ; car évidemment qu’il en a plein; sinon il ne serait pas chevalier et ne serait pas autant entouré); et il devient alors, un chevalier en route vers plus de grandeur et de poésie encore (déjà que donc, c’est un ami, ou une relation pour ceux qui l’apprécient, absolument “hors pair” et charmant; bien évidemment; puisqu’ils partagent tant).

Et ce qui le rattrape donc, à mes yeux, Falstaff donc; c’est qu’il réalise enfin (à la fin de l’oeuvre) ce “chameau”; qu’il faut obtenir les plus belles choses dans la vie; de façon réellement galante et droite; pour faire grandir son propre bonheur; et celui de ceux, auxquels il tient. Et comme dans le fond, c’est un gentilhomme, bien que dépeint en forçant le trait, avec mille défauts pour amuser la galerie; il se rend finalement compte donc, et aussi; que le bonheur, entre ceux qui s’aiment; et même de mille façons; doit d’ailleurs passer, parfois; avant le sien propre; par moments; pas tout le temps heureusement; mais, parfois, oui.

C’est comme ça; et c’est très beau; et ça rend heureux aussi, de se préoccuper ainsi, de son prochain; et du bien-être de chacun.

Et après, la qualité de toutes les relations, s’améliorent encore.

Si si…

Et tant mieux!

Bravo Falstaff!

Et donc je le répète, parce que c’est important; la bonne nouvelle, c’est que du coup; la qualité de la relation, entre les êtres qui s’apprécient vraiment; n’en n’est que plus belle encore; plutôt que de se conduire comme un chenapan; éternellement; pour faire grandir son “confort” dans la vie; (bon; mais sinon évidemment, il n’y a pas d’opéra); et c’est évidemment capital d’évoluer vers le meilleur dans la vie, bien qu’évidemment ça demande un peu de travail, et tous les rythmes existent; mais ça permet aussi d’accéder du coup; d’accéder; à du plus “heureux” encore; quand on se comporte ainsi; avec l’envie de faire mieux; car ainsi, on honore tout le monde; et tout d’abord et heureusement; son propre coeur; car il faut toujours commencer par soi; avant de pouvoir donner aux autres; et son propre coeur compte donc; et il a droit, son coeur donc, puisque c’est un être humain, et de surcroit un chevalier, et même un vrai chevalier qui aspire sûrement au meilleur pour son âme (tel Bayard ou Parsifal), évidemment; au meilleur, évidemment; mais aussi; son coeur se doit aussi, de faire attention au coeur de tous ceux qui compte.

Et tant mieux les gars.

Bien que ce ne soit pas toujours simple; mais c’est justement ça, qui est beau…

Je m’égare encore je sais; mais c’est important de faire attention, les uns aux autres.

En toutes situations; et gaies et joyeuses, y compris.

Top!

Et Verdi, du coup; je reviens à mes moutons; lui donne de la grandeur à ce personnage; plutôt que d’en faire juste, un “pantin” lyrique. Et du coup; je trouve ça plus intéressant; et trouve que Falstaff dans cette version “opératique”; et bien davantage, que dans d’autres “versions” plus sombres cinématographiques; ou plus simplistes de ce “personnage-bouffon”; n’en n’est que plus passionnant; ainsi, il grandit en envergure, en lumière, et devient même; “presque” un exemple à suivre. C’est le contraire donc, d’un personnage totalement lisse; et sans aspérités aucune. Et je pense même, qu’il serait capable alors; de trouver davantage de bonheur amical et amoureux; si il se remettait à échanger davantage encore de lumière et de poésie avec ses amis, qu’il ne le fait déjà; et un jour peut-être même, davantage encore donc; avec son Andromède, tel Persée; j’en parlerais plus loin.

Patience…

Et les chanteurs dans tout ça?

Fantastiques!

Ambrogio Maestri, le baryton italien, fut génial comme Falstaff; bedonnant et caricatural; qui s’améliore sur la toute fin donc, heureusement.

Ailyn Pérez, la soprane américaine, gaie comme Alice Ford, tout comme sa comparse, la mezzo américaine Jennifer Johnson Cano, comme Meg Page, joyeuse, furent charmantes toutes les deux. Et Marie-Nicole Lemieux, la contralto canadienne fut très drôle comme Mistress Quickly.

Et Francesco Demuro, le ténor italien, fut lui attendrissant comme Fenton, tout comme le fut aussi, Golda Schultz la soprane sud-africaine; comme Nannetta.

Et pour Fenton et sa Nannetta qui sont pleins d’élan l’un pour l’autre, comme jeunes mariés; je partage deux extraits de “La belle au bois dormant” de Tchaikovsky, si magnifiques; sur l’attention à porter à celui/celle qui fait tant vibrer son coeur, qu’on décide de l’épouser …

Regardons donc, comment le prince “Désiré” met en valeur son “Aurora”, ici; dans les mots et les gestes de cet extrait, vu récemment au Lincoln center aussi…

Ah la la…

Si joli…

Ma version préférée cela dit, de ce “pas de deux” célèbre, c’est celle avec Roberto et Diana; qui, sur scène, comme à l’écran; dégagent ensemble, une passion ahurissante; très émouvante:

Et plus tard encore, pour Nannetta et son Fenton; dans leur mariage, qui est rarement un fleuve tranquille, continuellement; comme chacun sait; et ça oblige à se décarcasser. Tant mieux! Comme ça on ne s’embête pas; et ça vaut pour Falstaff aussi; le jour où ce chevalier se choisira une épouse; ils pourraient tous aussi; danser; de temps en temps; sur du Grieg également, écouté hier soir aussi, avec grande émotion, au David Geffen Hall; sur ce troisième mouvement si charmant; et connu comme le loup blanc; une danse “séductrice” fantastique; et contrairement à l’histoire d’origine; ils pourraient tous se servir, juste de la beauté de la musique, pour réellement enchanter continuellement, et de façon variée son/sa partenaire; non mais je sais, je suis d’un idéalisme charmant; c’est bien plus gai évidemment, les gars, comme ça!

Et tant mieux!

https://youtu.be/gcEnSITNaGM

Et enfin, pour Fenton et sa Nannetta; et là aussi; même, pour Falstaff; quand il sera donc, véritablement “engagé”; ou à partager aussi, avec ses grands amis également; puisqu’il aime la nature lui aussi; la poésie; et l’ambiance “magique” et “paradisiaque” parfois des corps célestes; pour parler avec majesté de la vie; je partage enfin; deux jolis textes de grands auteurs; puisque partager du beau et du subtil, avec tous ceux qui comptent; est toujours une excellente idée; source de joie pour tous…

Top!

Lisons d’abord du Shelley…

To a skylark

Hail to thee, blithe Spirit! 
Bird thou never wert, 
That from Heaven, or near it, 
Pourest thy full heart 
In profuse strains of unpremeditated art. 

Higher still and higher 
From the earth thou springest 
Like a cloud of fire; 
The blue deep thou wingest, 
And singing still dost soar, and soaring ever singest. 

In the golden lightning 
Of the sunken sun, 
O’er which clouds are bright’ning, 
Thou dost float and run; 
Like an unbodied joy whose race is just begun. 

The pale purple even 
Melts around thy flight; 
Like a star of Heaven, 
In the broad day-light 
Thou art unseen, but yet I hear thy shrill delight, 

Keen as are the arrows 
Of that silver sphere, 
Whose intense lamp narrows 
In the white dawn clear 
Until we hardly see, we feel that it is there. 

All the earth and air 
With thy voice is loud, 
As, when night is bare, 
From one lonely cloud 
The moon rains out her beams, and Heaven is overflow’d. 

What thou art we know not; 
What is most like thee? 
From rainbow clouds there flow not 
Drops so bright to see 
As from thy presence showers a rain of melody. 

Like a Poet hidden 
In the light of thought, 
Singing hymns unbidden, 
Till the world is wrought 
To sympathy with hopes and fears it heeded not: 

Like a high-born maiden 
In a palace-tower, 
Soothing her love-laden 
Soul in secret hour 
With music sweet as love, which overflows her bower: 

Like a glow-worm golden 
In a dell of dew, 
Scattering unbeholden 
Its a real hue 
Among the flowers and grass, which screen it from the view: 

Like a rose embower’d 
In its own green leaves, 
By warm winds deflower’d, 
Till the scent it gives 
Makes faint with too much sweet those heavy-winged thieves: 

Sound of vernal showers 
On the twinkling grass, 
Rain-awaken’d flowers, 
All that ever was 
Joyous, and clear, and fresh, thy music doth surpass. 

Teach us, Sprite or Bird, 
What sweet thoughts are thine: 
I have never heard 
Praise of love or wine 
That panted forth a flood of rapture so divine. 

Chorus Hymeneal, 
Or triumphal chant, 
Match’d with thine would be all 
But an empty vaunt, 
A thing wherein we feel there is some hidden want. 

What objects are the fountains 
Of thy happy strain? 
What fields, or waves, or mountains? 
What shapes of sky or plain? 
What love of thine own kind? what ignorance of pain? 

With thy clear keen joyance 
Languor cannot be: 
Shadow of annoyance 
Never came near thee: 
Thou lovest: but ne’er knew love’s sad satiety. 

Waking or asleep, 
Thou of death must deem 
Things more true and deep 
Than we mortals dream, 
Or how could thy notes flow in such a crystal stream? 

We look before and after, 
And pine for what is not: 
Our sincerest laughter 
With some pain is fraught; 
Our sweetest songs are those that tell of saddest thought. 

Yet if we could scorn 
Hate, and pride, and fear; 
If we were things born 
Not to shed a tear, 
I know not how thy joy we ever should come near. 

Better than all measures 
Of delightful sound, 
Better than all treasures 
That in books are found, 
Thy skill to poet were, thou scorner of the ground! 

Teach me half the gladness 
That thy brain must know, 
Such harmonious madness 
From my lips would flow 
The world should listen then, as I am listening now. 

Percy Bysshe Shelley

Avouez que c’est beau et si shakespearien aussi…

Et sinon lisons aussi du Baudelaire, c’est toujours également, particulièrement bon pour l’âme…

Et lui aussi, vous verrez ici; parle si bien de la nature, et de pensées jolies, qui prennent un essor magnifique, dès qu’on le choisit…

Bravo!

Elévation

Au-dessus des étangs, au-dessus des vallées,
Des montagnes, des bois, des nuages, des mers,
Par delà le soleil, par delà les éthers,
Par delà les confins des sphères étoilées;

Mon esprit, tu te meus avec agilité,
Et, comme un bon nageur qui se pâme dans l’onde,
Tu sillonnes gaiement l’immensité profonde
Avec une indicible et mâle volupté.

Envole-toi bien loin de ces miasmes morbides,
Va te purifier dans l’air supérieur,
Et bois, comme une pure et divine liqueur,
Le feu clair qui remplit les espaces limpides.

Derrière les ennuis et les vastes chagrins
Qui chargent de leur poids l’existence brumeuse,
Heureux celui qui peut d’une aile vigoureuse
S’élancer vers les champs lumineux et sereins; 

Celui dont les pensées, comme des alouettes,
Vers les cieux le matin prennent un libre essor,
Qui plane sur la vie, et comprend sans effort
Le langage des fleurs et des choses muettes!

Avouez que Baudelaire, c’est si fantastique aussi…

Vive la vie!

Si belle, si lyrique, et si poétique aussi…

Et vive l’Amour!

Sous toutes ses formes…

Top!

Soft…

Fluttering…

Imaginative…

Loving…

Eternal butterflies 😊