“Tannhauser” de Wagner: un portrait pastoral romantique, du combat éternel entre le vice et la vertu.

Jeudi 8 Octobre 2015 /Lincoln Center MET Opera House building: /Thursday October 8th 2015- -“Tannhauser” by Wagner: a romantic, bucolic portrayal of mankind’s eternal conflict between vice and virtue.

Tannhauser — un “guilty pleasure” pour beaucoup de fans d’opéra, étant donné la nature du thème universel, intemporel, qui met en scène de façon crue et poétique, parce que Wagner est un génie:), les joies de l’amour physique et spirituel— Si si. —Tout un programme!

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Et Wagner, qui avait le sens de la théâtralité, démarre très fort, dès la première scène— qui dure 20 minutes — c’est bien, on a bien le temps d’en profiter:) — par un tableau dansé, particulièrement érotique — Je vous raconte ça dans une seconde— bien plus que tout autre spectacle de danse que je n’ai jamais vu, ou d’opéra (enfin à part peut être, une scène X de Lady Mac Beth of Msensk— mais je m’égare..) —  Quand je vous dis que l’opéra c’est hot — par moments, — je ne plaisante pas — C’est bien, ça évite de s’endormir, après une longue journée :)…

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Je reprends, Tannhauser est un opéra romantique, qui évoque donc, les vicissitudes et choix d’un poète, troubadour, dénommé donc Tannhauser, passionné dans son travail de poète et de chanteur, par 2 thèmes opposés — C’est bien, ça génère de la tension: l’érotisme (le plus gai), et la rédemption (le plus sage)  — Un être, complexe je vous dis — Après, on s’étonne de ce qui lui arrive :). Et ses doutes moraux, face à des situations amoureuses charnelles et spirituelles, contradictoires. Encore un garçon tout simple :)— Encore que— ce que j’ai envie de lui dire, avant toute chose— c’est qu’on peut espérer aujourd’hui, et c’est particulièrement réjouissant– être capable de vivre, et le charnel et le spirituel, avec une seule personne, et même sur la durée — Si si, c’est possible :)— Et en plus, c’est bien, on se fait moins de noeuds au cerveau— Moi je dis, c’est mieux, et hyper réjouissant.

Trêve de plaisanteries, je reprends, de façon plus sérieuse — Mais c’est parce que la bagatelle, c’est gai, et ça prête à dire encore plus de bêtises…que la tragédie. Encore que…

Cela dit, comme l’histoire se passe au Moyen Age— pas la période la plus folichonne en termes d’indépendance des êtres, donc je vous rassure, ça finit mal, et du coup, je vous dirais quand même beaucoup de bêtises à la fin de ce post — Je reprends, et me concentre. Et vous raconte d’abord, 2 /3 trucs sur Wagner pour commencer…

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Wagner (1813-1883) est un compositeur mythique pour beaucoup d’amateurs d’opéra. C’était un être complexe, controversé, révolutionnaire, pour lequel tout comptait en matière artistique: il accordait autant d’importance à la musique, qu’au libretto/ la poésie, et plus tard aussi à la peinture, l’architecture et autres disciplines.

Et d’ailleurs, je le rejoins là dessus, je trouve que tout est essentiel à l’opéra: en premier lieu la musique bien sȗr– que ce soit l’orchestration ou les arias –Mais le libretto, l’est tout autant. Essentiel donc, car il accentue l’émotion viscérale développée par la musique, l’enrichit d’une expression intellectuelle orale et écrite (grâce aux sous-titres ces jours-ci ) qui permet d’en profiter à plusieurs niveaux, et donc encore davantage.

L’émotion revêt alors parfois une délicatesse extrême, quand c’est bien écrit–  et élève au zénith par moments, certains passages particulièrement poignants– que le public attend avec une impatience palpable– Toujours bien d’être réellement ému. C’est rare ces jours- ci, sauf en famille, en amour, en amitié, et aussi face à l’Art.

Quant aux décors, aux costumes et la mise en scène– en particulier, mais pas uniquement– quand l’opéra est très long —  ils sont essentiels– et participent de façon à la fois, subtile et directe —à élever l’imaginaire présenté. C’est d’autant plus important que tout se passe dans une unité de temps et de lieu– la scène — assez nue en soi– et qui a besoin d’être habillée de lumière, de couleurs, de volumes, de perspectives pour enrichir le propos, la période de l’action dans l’histoire, ou encore les émotions ressenties — surtout quand l’histoire est longue à raconter.

Mais du coup quand c’est bien exécuté, le public vibre très haut. 

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Dans ce cas de figure, c’était assez classique et attendu, pour évoquer la période, mais néanmoins, magnifique et romantique (des jeux de lumière très réussis très mystérieux — presque célestes —) mais le reste des décors, un peu trop attendus, lisses et sages à mon avis, bien que plaisants à l’oeil, de bon goȗt, jolis.

Qu’en dire d’autre de Wagner, avant de revenir à l’histoire et aux interprètes. Ses opéras sont toujours longs  — Bon, il y a 2 entractes quand même, heureusement, pour se dérouiller les jambes. Et boire une coupe de champagne, ou avaler un sandwich pour les amateurs, voire un encas léger et raffiné au premier étage– J’en profite régulièrement avec mes ami(e)s—et ce soir là, au premier entracte, on a opté pour un sandwich— parce qu’on était tous crevés et affamés, et au second, pour une soupe et du vin blanc — faut vivre un peu— et le restau, au premier entracte, était déjà complet, pris d’assaut.

En effet, dès que Wagner est proposé au programme du MET, je constate depuis quelques années — le public se presse au portillon. C’est comme si les Beatles pour la génération de mes parents, ou Taylor Swift pour la génération de mes enfants — étaient  honorés– Cela attire un public très fervent, limite religieux, très nombreux, et qui aime l’art de la table aussi, et du coup, c’est beaucoup plus difficile d’avoir une table— Et quand l’opéra est aussi long, c’est bon de diner avec ses copains:), que ce soit pour le premier, ou le second entracte. Bref, tout ça pour dire, que je trouve ça hyper réjouissant que– Wagner continue à emballer un aussi large public, alors que, — bien que ce soit sublime– sa musique, je constate– quand même — en intimide plus d’un :).

En même temps, cette approche complète de l’art “Gesamtkunstwerk”, eut une influence sur un grand nombre d’autres expressions artistiques –Mais, moi je dis, génial! — Vive Wagner! Bref, tout ça pour vous dire que, quand on va écouter Wagner — c’est un peu comme l’idée que je me fais, d’entrer en religion. C’est un univers à la fois, encore plus riche, et aussi plus austère, que celui d’autres compositeurs. Il était passionné d’histoire et aussi de mythologie (c’est pas le seul), et avait une imagination débordante, et du coup il émane toujours, un immense souffle, de ses histoires — Pour moi, en tous cas :).

Et il tenait beaucoup à cet opéra en particulier. Il a passé beaucoup de temps à le retravailler. Il avait le sentiment qu’il pouvait être constamment amélioré. Et moi je trouve l’histoire, effectivement intéressante en termes de principes, bien qu’un peu caricaturale. Et elle se passe à une époque (qui m’a toujours fasciné), de grande tension religieuse, entre une spiritualité païenne et chrétienne… Tout un programme… Alors que dans le fond, beaucoup de choses pourraient les réunir, mais je m’égare …

Laissez moi vous parler de l’histoire, des arias, et choeurs formidables inclus, avant de vous parler des interprètes.

En résumé, il s’agit donc de l’histoire d’un troubadour, et de son Odyssée pleine de rebondissements. D’ailleurs, la célèbre intro, qui est mon morceau préféré de l’oeuvre, annonce les aventures à suivre:

1) l’ennui face à l’amour charnel seul.

2) la transformation de la capacité du héros à commencer à aimer de façon spirituelle aussi (well done!) :).

3) et enfin, sa rédemption face au choix cornélien qui est toujours le sien, entre l’amour charnel et l’amour spirituel. Et évidemment, la vertu gagne!

Oh joie pour tous, sauf pour la déesse— malheureuse, comme les pierres… Non mais en même temps, elle devrait choisir d’aimer un dieu, ce serait plus facile pour tous :)… Et ça existe! Mais je vais trop vite…

Ecoutez d’abord, comme cette intro est sublime:

https://youtu.be/n-KayEaK-es

 

Je reprends, l’opéra démarre donc par la découverte du héros, dans une grotte, habitée par des êtres célestes, tous, en train de s’adonner aux plaisirs de la chair (via un ballet, plus poétique et érotique tu meurs — 8 couples, et 3 nymphes, et c’est carrément graphique, tout en étant uniquement suggéré  — l’imaginaire baby, c’est ce qu’il y a de plus fort —on sait bien).

Et donc, on rencontre le héros, Tannhauser, le troubadour, qui, le petit veinard 🙂 — qui, lui- même, donc, tient dans ses bras– accrochez vous bien —la créature céleste ultime — une déesse et pas n’importe laquelle — la plus belle et la plus aimante — J’ai nommé Vénus :)…Avec laquelle, il coule des jours heureux — Et la nuit, n’en parlons pas :). Mais au bout d’un an, Monsieur s’ennuie :)… Et rêve de retrouver le monde des hommes, pour contribuer à la société.

Ca parait louable comme ça, bien qu’en réalité, ce soit pour retrouver une autre femme, mais évidemment, c’est pas ce qu’il dit à la belle Vénus — qui prend l’envie de liberté de son bien aimé  — assez mal — Elle est, un poil, en colère — On la comprend– et on se demande même, si il ne marche pas sur la tête — Quitter Vénus — Non mais, quel âne :). Mais en vrai, si c’était réellement pour contribuer à la société, ce serait compréhensible, et même donc louable :)….. Et pour la quitter en douceur, il lui chante un aria lié à l’amour qu’il lui porte, et qui est mélancolique, puisqu’il lui exprime aussi son envie de liberté.

Vénus la lui rend évidemment, elle a pas vraiment le choix. Maudit les envies de rédemption de son bien aimé (pas très malin de la part de Vénus de s’énerver- ça ne sert jamais à rien…). Tannhauser implore alors la Vierge Marie de lui venir en aide– Et d’ailleurs, se retrouve parachuté  🙂 — inside joke— près du château de Wartburg où il retrouve une procession de pèlerins– Sublime aria — Ecoutez ça.

https://youtu.be/r6OQCncAiC8

Il y retrouve aussi un vieil ami, qui lui rappelle que la belle Elizabeth – sensible, pour ne pas dire conquise, par sa poésie autrefois, habite toujours ce château — Et devinez ce qu’il décide de faire — Evidemment, retrouver la belle Elizabeth — Elles sont toutes belles 🙂 les Elizabeth :).

Evidemment, Elizabeth, un peu intimidée au départ, lui fait rapidement la fête, et lui déclare son amour. Un concours de chant sur le thème de l’amour est organisé — Un rival de Tannhauser démarre, avec un ode à l’amour idéal, et là, Tannhauser commet une immense bourde, ose l’impensable :). Il rend hommage aux joies charnelles avec Vénus — Non mais, quel âne, celui là :). C’est pas à Elizabeth qu’il faut qu’il dise ça…

Le public est choqué. Elizabeth supplie les chevaliers présents de lui pardonner. (C’est beau l’amour… ). Et les chevaliers décident de le lui accorder, si et seulement si, il fait pénitence, et obtient à Rome, un pardon papal (rien que ça …).

Et le dernier acte est terrible. Elizabeth, ne voyant pas son bien aimé, parmi les pèlerins qui reviennent de Rome —(le pape ne lui accordant pas de pardon, car son péché — Vénus baby—  c’est trop grave)— Et on comprend que ce serait pardonnable uniquement, si le bâton papal pouvait refleurir.

Elizabeth fait une prière à la Vierge Marie, une dernière fois, et se suicide. Pauvre loute… On retrouve Tannhauser défait, qui ne sait rien des tourments, ou de la terrible destinée d’Elizabeth, sur le chemin du retour— abattu donc, parce qu’il n’a pas été pardonné par le pape. Et du coup se dit, pour se consoler, qu’il va aller retrouver les bras de Vénus.

Non mais on on le comprend –Vénus, baby —- Trop contente Vénus, parce qu’elle l’aime, son Tannhauser, et comme elle l’aime, elle; elle lui pardonne ses offenses. Et d’ailleurs, je voulais juste souligner que, si elle l’aime son Tannhauser, Vénus, c’est qu’il doit avoir d’autres talents et qualités, que simplement être un amant d’exception.

Parce que je vous rappelle que Vénus, ce n’est pas la déesse de la Bagatelle, c’est la déesse de L’Amour et de la Beauté– qui comprend donc l’Amour sous toutes ses formes (comme les Chrétiens– je vous dis il n’y a pas que des différences) — y compris — l’Amour Absolu — C’est pour ça que j’ai du mal à croire qu’il ne soit pas, toujours amoureux d’elle, alors qu’elle représente en réalité l’Amour Absolu– pas que le vice.  C’est trop réducteur. Mais bon, sinon il n’y a pas d’histoire, et pas d’opéra :).

Mais ça se corse encore, car il n’est pas tout simple ce garçon. Car, alors qu’il vient de supplier Vénus de l’accueillir, de lui montrer le chemin, pour qu’il la rejoigne dans sa grotte paradisiaque, et qu’elle accepte sa proposition avec immense joie, parce qu’évidemment elle l’aime donc, son Tannhauser; il découvre le cercueil d’Elizabeth, en chemin.

Il s’effondre, d’un coup, presque électrocuté — Et meurt sur le champ, terrassé de tristesse. Et on apprend que le bâton papal a refleuri.

Ah non mais, c’est d’un triste…Et pour tout le monde. J’ai évidemment 2/3 trucs à leur dire à ces personnages…

Mais d’abord, laissez moi évoquer, les 3 meilleurs interprètes:

Johan Botha, ténor sud africain, que j’avais déjà vu dans “Die Meistersinger von Nurnberg” de Wagner l’année dernière, était à la hauteur vocalement, mais je ne le trouve pas assez beau, pour croire qu’il fasse vibrer toutes ces femmes– Ca compte aussi la beauté masculine, même si évidemment, la beauté intérieure, c’est la plus capitale– Mais bon :)…

Michelle deYoung, soprano américaine, était sublime sur tous les plans, en Vénus: magnifique, émouvante. Je l’avais déjà admiré au MET comme Fricka dans “Das Rheingold”, un des plus beaux opéras du “Ring” de Wagner, et dans “les Troyens” de Berlioz, il y a quelques années — donc parfaite, comme Vénus …

La très belle Eva Maria Westbroek, soprano hollandaise, en Elizabeth était également remarquable.  Et en femme amoureuse, puis proche de la sainteté — Pas forcément facile comme rôle—En résumé, très à la hauteur tous ces interprètes, ce qui était vraiment génial!

Bref, une très belle soirée, mais qui m’a fait néanmoins 1000 fois moins vibrer, que le “Ring” (ou “Parsifal” que j’adore aussi)— bien que l’aspect mythologique m’enchante particulièrement. Car je trouve les personnages trop caricaturaux: le héros, un peu “fickle” comme on dit en anglais, ce qui veut dire inconstant :). Et surtout, j’ai quand même le sentiment, qu’il ne vit pas vraiment de vrai amour, ni avec l’une, ni avec l’autre, et du coup, c’est pour ça que j’ai du mal à être vraiment émue par l’histoire, bien que les mélodies– surtout l’intro– soient splendides.

Et les héroïnes ne valent pas mieux.

Vénus devrait réaliser qu’on ne badine pas avec les poètes, sans risque…Et que si elle choisissait un dieu, ce serait peut être plus simple :).

Elizabeth, quand à elle, ne vaut guère mieux — Sans vouloir offenser mes amis très pieux, je trouve quand même, qu’elle pourrait faire autre chose pour approfondir son amour, que juste prier— En même temps, je ne dois pas être assez pieuse- C’est sȗrement elle qui a raison. D’ailleurs, CQFD— Ca finit bien pour eux, mais uniquement dans l’au-delà—

C’est un peu triste quand même. Sur Terre, c’est bien aussi. Bref, tout ça pour dire, que je leur dirais à tous, que l’important, c’est le vrai amour, qui peut réunir l’amour physique et spirituel. Et je leur ferais écouter cette chanson de Aaron Neville, qui exprime bien, que la seule chose, vraiment essentielle dans la vie, c’est le vrai amour:

“Warm your heart”: Aaron Neville:

https://youtu.be/fSqj7ebcXm4

Deuxio, je dirais à Elizabeth —car c’est une femme — Vénus, c’est une déesse, elle est hors concours, à Elizabeth donc, qu’elle a intérêt aussi, non seulement à croire en l’amour, le vrai amour, mais aussi à devenir costaud, comme les joueurs de foot qui se prennent des coups, comme les soldats qui se prennent des balles, et qui se relèvent — Pas tous— Mais quand ils le peuvent, ils le font. Car plus elle sera costaud, plus elle attirera des êtres costauds, autour d’elle.

Et aussi que, quand on est une femme, bien sȗr, la beauté ça compte — toute notre vie, et il faut y faire attention, mais c’est essentiel aussi, de s’accomplir sur tous les plans, et aussi, de bien s’entourer, car l’union fait la force, et pas qu’en matière amoureuse, avec plein de copains et aussi de copines— les copines c’est essentiel 🙂 —  Pour être costaud.

Du coup, elle rira davantage Elizabeth, et aura envie de profiter de la vie, et attirera un partenaire plus droit, avec une vraie envergure. C’est mieux.

D’ailleurs, je lui dédie, comme à toutes les jeunes filles, y compris la mienne, une chanson qui célèbre et salue de façon mignone, la force des femmes– hyper gaie et joyeuse comme mélodie :)– de mon cours de danse du Dimanche :)— qui en plus fait allusion au foot — ça va faire rire mes copains footeux, et à la discipline militaire (Je vous rappelle que nous sommes toujours en train de célébrer le centenaire de la 1ère guerre mondiale, et en profite pour tirer mon chapeau, à tous les héros, morts -y compris dans ma famille- sur le champ de bataille, pour leur pays).

Et rappelle aussi aux femmes, de ne pas oublier de profiter de leur féminité — C’est tellement plus gai :).

Salute “Little Mix”: Live Good Morning America 2014: Enjoy!

https://youtu.be/ATzftmQZg7g