“Rigoletto” de Verdi: un chef d’oeuvre. Cynique et grandiose sur la nature humaine.

Mercredi 28 Octobre 2015 Lincoln center MET Opera building: /Wednesday October 28th  2015- -“Rigoletto” by Verdi: a Masterpiece. Cynical and grandiose, about human nature.

Rigoletto, c’est mon opéra préféré de tous les temps, car, bien que très sombre, pour ne pas dire carrément noir, il rappelle avec légèreté, par son cynisme infini, l’immense importance, de la bienveillance, à l’égard de son prochain.

L’immense importance d’être bien entouré, d’êtres gentils, intelligents et aimants, chacun à leur manière.

Et aussi, et enfin, que même dans une société dépravée, la pureté des sentiments, ça existe.

Et que même un amour éternel… peut fleurir. Et ça, évidemment, ça me parle…Et depuis longtemps…

Je vous donne, dans un instant, davantage de détails …C’est un peu long aujourd’hui, vous êtes prévenus :)… 

Et laissez moi vous dire, qu’aussi, entre autre, une des raisons qu’il m’est si cher, c’est aussi, qu’il me fut donné de le voir à Paris, il y a quelques années, avec un de mes plus grands amis, dans de sublimes conditions— Et on s’est marrés comme des baleines…

Et cette année, nous étions 15 gais lurons…

Et l’amitié, les gars, c’est ce qu’il y a de plus précieux dans la vie.

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Mais d’abord, petit préambule inhabituel, car je vis aux Etats Unis, et que Rigoletto tombe à une époque riche de sens culturel dans ce pays; au moment des festivités de Halloween, et il faut que je vous en parle — car ça rendra Rigoletto, d’autant plus riche.

Et que, comme je le dis à mes enfants — de donner plus de contexte dans la vie, ça rend les histoires plus intéressantes—  Donc j’ai intérêt à faire pareil. Comme ils disent ici, intérêt donc aussi à, “walk my walk”, pas que “talk my talk”. Donc, laissez moi vous donner un peu de contexte sur Halloween.

Halloween approche donc à grands pas, et évidemment comme toujours, mes enfants sont hyper excités à cette idée. A l’idée, à la perspective, en particulier, de se déguiser (et les bonbons aussi :), pour fêter cette soirée, célébrée le 31 octobre. Demain…

Halloween, c’est donc une contraction de l’anglais “All Hallows Eve” et qui signifie “the Eve of All Saints”, et peut se traduire comme la veille de la Toussaint. C’est un héritage de la fête païenne de Samain, qui était fêtée par les celtes, au début de l’automne.

Qui constituait pour eux, une sorte de fête du nouvel an — Le début de la saison Sombre. Donc un passage, d’une année vers une autre, une ouverture vers un autre monde, vers celui de dieux celtes, propices aux événements magiques et mythologiques.

Tout un programme :)…Et ces festivités duraient une semaine (3 jours avant et après, le 1er Novembre). La chance :)… Trop bien de faire la fête toute une semaine:)…

Et sachez que, toute absence de ces fêtes, étaient punies de mort (la fête c’est capital :). D’ailleurs, les 3 classes d’autrefois (sacerdotale, guerrière et artisanale) étaient associées à ces cérémonies.

Il était imaginé que les âmes des morts, revenaient, (pendant la nuit), la veille de la Toussaint, et qu’il fallait les célébrer.

Et même les breuvages étaient parfois, uniques. Pour commémorer cette fête, certains brasseurs rendaient hommage à ces festivités, avec des décoctions exceptionnelles (telle la bière Lancelot, brassée uniquement ce jour là, par exemple). 

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Et cette année, je suis encore plus sensible à ces préparatifs, et à la notion de mort, que d’habitude; et c’est dire :), parce que:

1) je travaille depuis quelques semaines déjà, la musique de la messe de la Toussaint, avec mon choeur, en chantant un de mes requiems préférés: celui de Fauré.

Et d’ailleurs, la semaine dernière—  me suis retrouvée assise à côté d’une chanteuse professionnelle— une alto, capable de chanter comme une soprano, et qui chantait donc comme …Renée Fleming. Et comme c’est un morceau où les altis 1), et non pas les altis 2), viennent à l’aide des sopranos (d’ou Renée Fleming), parce qu’il faut du volume, et que la partition pour altis est beaucoup plus légère — C’était trop top –J’avais l’impression d’être Elina Garanca — Trop chouette — Comme quoi de chanter avec des êtres d’exception, ça fait monter le niveau— Trop bien:) —Mais je m’égare…

Donc je reprends, la notion de mort m’habite davantage encore, à cause donc:

1) de mes préparatifs de concert funèbre.

2) parce que c’est Halloween, et que la ville ne parle que de ça.

3) mes enfants se déguisent tous les jours depuis une semaine, pour faire durer le plaisir.

4) Comme déguisements, ils ont tous les deux choisi, cette année, et c’est la première fois, d’être des symboles de la Mort… En même temps, comme ils sont hyper gais, je ne suis pas très inquiète :)…

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Et ma fille a trouvé une cape noire en velours et satin, qui, lorsque qu’elle l’a passée, m’a remis en mémoire d’un coup — un film que je n’ai pas vu –depuis bien 25 ans (je ne suis pas une si jeune pousse, bien que, très jeune quand même :), malgré ma grande capacité à déconner, et à dire 12 000 bêtises, dès que l’opportunité s’y prête :).

Je reprends, tout à coup, un film que j’adore m’est apparu, qui m’a énormément marqué, à l’époque. Evidemment, ça ne m’étonne pas.

Car l’art, c’est parfois, comme tous les êtres d’exception d’ailleurs; quand c’est magnifique, cela se loge dans votre mémoire, et parfois vient vous rendre visite, sans crier gare.

Et bref, tout ça pour vous dire que, ma fille était une apparition de… Maria Casares dans Orphée de Cocteau (1950) — mais en blonde… Et que, d’un coup, l’immense poésie de ce film, m’est donc revenue en mémoire… 

Evidemment, j’ai envie de partager, mais ai décidé de ne partager avec vous, que les passages les plus inspirants, parce que c’est ma nature — plutôt que les plus tristes—

Car la poésie et l’optimisme, dans la vie, non seulement ça compte, mais c’est toujours bon à prendre.

Et je partage donc seulement deux extraits: le premier, rappelle avec tristesse— mais c’est en fait une excellente nouvelle :), que la Mort, et tout ce qu’elle représente –que ce soit d’un rêve, ou d’un être– n’est pas toute puissante— La vie l’est davantage…

D’ailleurs, heureusement, elle a une fin aussi, la saison Sombre. Le début de la saison Claire— pour les celtes donc — et qui est le pendant de cette fête de Halloween– démarre le 1er Mai — Donc c’est déjà ça —Et c’est important de s’en souvenir—

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Deuxio, plus puissante même que la Mort, est la Nature.

Qui est celle, qui est donc, l’unique entité, qui donne les ordres de vie et de mort, et surtout, de renaissance perpétuelle (et c’est d’ailleurs ce dont parle, pour moi, Maria Casares, dans cet extrait à suivre) —

Et qu’il est donc important, de se souvenir que, si les êtres ou certains rêves meurent, ils ne sont d’abord, jamais, ni oubliés, ni effacés…

Et aussi, qu’ils peuvent être suivis, de nouveaux rêves, ou d’arrivée d’êtres, à découvrir, également magnifiques. Et ça, en cette saison qui se rafraichit, eh bien, ça me donne du coeur au ventre, à l’idée du froid qui va s’installer…

 

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Je trouvais ça important de me rappeler aussi que, la noirceur/le froid, ne peut exister sans la lumière/ la chaleur, et ça, c’est un véritable baume pour le coeur. Parce que l’hiver ici, c’est long:)….

Et puis aussi, et surtout, de se rappeler au-delà des considérations météorologiques :), que, ce qui fait la force de notre humanité, et de notre courage, c’est notre volonté, notre “free will”, comme disent les anglos saxons, et que cette volonté à mon avis, doit être mue le plus possible, pas forcément par des considérations intellectuelles, tout le temps—

Comprendre n’est pas le plus essentiel dans l’existence. Non. Le plus important, à mon avis, c’est de rêver. Oh oui rêver, car la foi ou le rêve donc, c’est la force de conviction, qui donne de l’élan à nos projets (il faut évidemment bosser, et faire ce qu’il faut comme travaux préparatoires évidemment), mais c’est notre capacité à imaginer les choses, qui permet de créer de la vie.

Et si parfois, les rêves doivent évoluer, parce qu’il y a trop de résistance— trop longtemps — eh bien il faut écouter, et évoluer, car ça veut juste dire qu’il y a mieux, plus loin, si on ne s’obstine pas (je suis un brin têtue dans la vie) — Pas toujours une grande qualité, sauf au tennis :). Et c’est vrai— sur tous les plans: professionnel, familial, amoureux, amical —

Et ça aussi, c’est réjouissant comme idée.

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Et dernière idée aujourd’hui, pour moi — Halloween, ça m’inspire décidément— c’est— qu’il faut se souvenir qu’on possède déjà en soi, les attributs qu’on recherche à l’extérieur, et qu’il suffit juste de les nourrir.

D’ou l’importance d’oxygéner nos passions (sportives, artistiques), et aussi notre expression artistique, qui sont toutes, sources d’immense joie. —A écouter et respecter donc, car sont d’un soutien immense, face aux frustrations de l’existence.

Et puis, en plus, nous aident à être plus riche, patient et généreux pour nos proches.

Et avec des enfants, la patience ça compte…

Tout ça pour dire que, du coup, aujourd’hui en particulier—je voulais rendre hommage au chant (parce que la danse a eu déjà son heure de gloire :).

Et en particulier, au chant “a cappella”, qui permet de se remémorer, qu’on a donc, même pas besoin d’instruments, pour créer de la beauté musicale— On a tout ça en nous, déjà –— Nos voix humaines peuvent être fantastiques — Je partage quelques exemples, après ma critique de Rigoletto— Patience.

Mais d’abord, deux extraits donc, du sublime film de Cocteau — Orphée —  

Un autre de mes films préférés, de tous les temps :). Ce premier extrait, que je dédie, entre autre, à tous les fans de Maria Casares, qui, elle aussi, a une magnifique voix. Ecoutez…

Maria, dans ce film, est une sublime représentation de la Mort, qu’elle symbolise. Elle explique à son amoureux, Orphée (Jean Marais), son essence à elle. Que la Mort n’est pas toute puissante (bien qu’elle soit éternelle… et ça c’est évidemment hyper triste), que c’est la Nature qui donne les ordres… Et c’est dit… avec beaucoup de poésie:

Le deuxième extrait, est un de mes passages préférés:

 “Il ne s’agit pas de comprendre, il s’agit de croire— Essayez, je vous accompagne” dit le charmant Heurtebise (François Périer). Un ange, dans la mythologie grecque. Qui donne confiance à Orphée (Jean Marais).

Et c’est évidemment, un extrait qui m’est particulièrement cher:

Je reprends sur Rigoletto, après ce long préambule, mais il se passe plein de trucs donc, en ce moment à New York, y compris Samedi; en plus de Halloween, un match de foot important pour mon fils: son équipe (Team Germany) rencontre l’équipe des Etats Unis, et le coach est remonté comme une pendule :)…et  Dimanche, en plus de la Toussaint, New York accueille son marathon, et un changement d’heure ici. Alors tout ça, ça joue sur notre sensibilité évidemment, aux spectacles que l’on va voir…

Donc, j’arrive enfin, à Rigoletto.

Cet opéra de Verdi, au libretto de Piave, aux passages magnifiques sur l’amour évidemment :), et ouf, heureusement, ça compense toute le noirceur; est tiré d’une pièce de Victor Hugo, “Le roi s’amuse”.

Cette histoire traite de la tension qui peut parfois exister dans la vie, entre la beauté, la pureté des sentiments, et la noirceur, la cruauté humaine, chez certains êtres, vivant dans une société décadente depuis longtemps.

Qui évidemment, ne les aide pas, à être forcément bienveillants, ou à réfléchir à leur compas moral. Et qui ne songent qu’à… la gaudriole. C’est évidemment toujours d’actualité, notamment pour la classe au pouvoir, qui s’adonne parfois, aussi donc, notamment, et surtout, si leurs besoins primaires ne sont pas assouvis dans leurs environnements propres…aux plaisirs de la chair. Venus baby…

Comme d’habitude je m’égare…Mais l’art pour moi, ça sert aussi, à réfléchir à la condition humaine…

Et d’être entouré d’êtres qui se respectent mutuellement, ça aide, de nos jours.

Et puis de nos jours, c’est plus facile de faire co-exister, sentiments et envie de défourailler, avec un seul être aimé…Oh joie immense :)…Car c’est divin…:)

Ce qui n’était pas forcément le cas, à la cour de Francois 1er, (les moeurs étaient bien plus légères, pas sȗre qu’ils étaient plus heureux, mais chacun son truc), dont l’histoire est tirée. Ou à Vegas dans les années 60, qui est le choix de la remarquable production gaie et enlevée, pour décrire la décadence de cette société, d’une façon plus contemporaine et divertissante. Les lumières aussi, criardes, fluorescentes, rythmées qui évoquent abâtardissements, avilissements, et aussi festivités en tous genres, mais aussi tempêtes météo et émotionnelles étaient particulièrement réussies …

Alors je vous résume, plus vite que d’habitude, l’histoire: vous allez voir, j’y arrive très bien.

C’est donc l’histoire d’un être, Rigoletto, un “bouffon du roi”, d’ailleurs, dans ce cas de figure, d’un Duc, dont la capacité à faire du mauvais esprit, et être cruel dans ses commentaires, avec ses camarades, le Duc y compris; pousse sa communauté amorale et désenchantée, à non seulement, maudire Rigoletto, mais aussi à s’en venger, d’années de “bullying”.

Et pour vous donner une idée du caractère du Duc, un brin léger dans la vie, écoutez un air très connu, qui décrit bien son appétit pour la chair, et son compas moral un peu déglingué. Et la musique est magnifique et gaie…

En résumé, son air explique que toutes les femmes se valent: “Elle ou une autre, cela m’est indifférent,
J’en vois tant autour de moi.
Je ne cède pas plus à l’une qu’à l’autre
L’empire de mon cœur
Leur beauté est un don
Dont le destin enchante notre existence.
Si l’une d’elle me plait aujourd’hui
Peut être demain sera-ce une autre.
Nous détestons la fidélité
Ce tyran des cœurs comme la peste
Que seul celui qui le désire reste fidèle ;
Il n’y a pas d’amour là ou il n’y a pas de liberté
Je me ris de la rage jalouse des maris
Des fureurs des amants ;
Et je défie les cents yeux d’Argus
Pour peu que je sois aiguillonné par quelque beauté”

Sympa… Mais il va quand même tomber amoureux, plus tard, ça lui fait les pieds :)…

Je reprends, et pour se venger, cette communauté décide de s’en prendre, au seul être auquel il (Rigoletto), tient.

Qui en plus, est un être jeune et pur, sa fille Gilda. S’en prendre donc à la vertu de Gilda, pour ridiculiser une fois pour toute… Rigoletto.

Et le faire taire… à tout jamais.

Le Duc, qui a rencontré à l’église depuis quelques temps, Gilda, qui lui plait, décide donc de la séduire. Il va en tomber profondément amoureux. Car, après s’être séduits mutuellement à l’église, qu’avec, qu’au travers, de leurs yeux (c’est beau comme idée…), l’étincelle en eux, va se transformer en véritable incendie romantique, quand ils vont passer un peu de temps ensemble… Trop bien…:).

D’ailleurs, pour vous donner une idée, de ce qui se passe dans sa tête à elle, après un rendez-vous impromptu avec lui, où ils se parlent enfin, voici la traduction d’un air magnifique, où elle se rend compte, qu’elle est éperdument amoureuse…

Et en plus, elle pense que c’est un étudiant pauvre (il s’est inventé un alias, un nom d’emprunt), et pas un Duc… encore plus romantique :)…

“Nom chéri qui a fait palpiter mon coeur pour la première fois,
Gaultier Maldè … le nom de celui que j’aime tant est gravé dans mon coeur amoureux!
Il doit me rappeler toujours aux délices de l’amour!
Dans mes pensées mon désir s’envolera toujours vers toi.
Pendant chaque messe dans l’église, quand je priais à Dieu,
je m’apercevais d’un jeune homme beau et fatal…
bien que nos lèvres restaient silencieuses, nos coeurs parlaient par nos yeux.
Caché par les ombres, c’est seulement hier qu’il s’est approché de moi…
Je suis un étudiant pauvre et un vendeur, me disait-il.
Et, avec amour excité, je protestais.
Je sortais…mon coeur ouvert par un espoir plus grand
quand soudain je le comparais avec ceux qui m’ont élevé.
Et maintenant j’ai encore plus peur”.

Plus tard, pour ne pas perdre la face vis à vis de ses camarades, il l’enlève de chez elle, avec l’aide de camarades, et de Rigoletto aussi; qui croit que le Duc en enlève une autre (une jolie comtesse qui ressemblait à Marilyn Monroe, magnifique, au début de l’histoire), pour aller profiter des joies de l’amour avec elle, chez lui…

Rigoletto s’en aperçoit, et est évidemment, vert, à l’idée de la vertu perdue de sa fille (bien qu’ils s’aiment, le Duc et Gilda, mais Rigoletto ne se rend pas compte), et accourt chez le Duc.

Et Gilda, avoue son secret à son père, qui jure de la venger (perdre sa vertu avant le mariage, c’était mal vu à l’époque), et décide de supprimer le Duc. Il fait appel à un tueur à gages, rencontré plus tôt; qui tient une maison close avec sa soeur, la plus jolie prostituée qui soit (une Anita Ekberg en brune).

Le Duc, bien que fou amoureux, comme beaucoup d’hommes de l’époque, que la cour/la société encourageait à emballer tout ce qui bouge…

Se laisse donc, malgré tout… quel âne :), tenté par le tueur à gages qu’il croise, qui lui conte les charmes de la dite soeur prostituée (et qui va le supprimer, après avoir consommé sa soeur)…

Donc, une véritable beauté, Anita Ekberg baby :). Bon, c’est pas une excuse, bien que ce soit une raison compréhensible, et puis, c’est une professionnelle, donc, sans affects :).

Qui, après un rendez-vous avec le Duc (on a le droit à leurs ébats sur scène — encore du X sur scène :), et aussi, on a pu admirer, au passage, comprendre… reluquer, une amie de la dite prostituée, du même métier :), qui se baladait sur scène, vêtue d’un seul porte jarretelle noir (j’ai prêté mes jumelles au mari d’une copine pour qu’il puisse se rincer l’oeil — il était content :)–

Je reprends, le Duc doit être un bon amant, puisque la prostituée, supplie son frère, après leurs ébats, d’épargner le Duc… Si elle savait… ce que le Duc pense des prostituées. Pas la même chanson, que pour sa bien aimée…

Il les compare, les prostituées, à une plume au vent, susceptible de varier au premier changement d’humeur, ou selon le cours des événements. En même temps, il me semble que c’est le propre de leur métier :)….

Et pour corser le tout, Rigoletto emmène sa fille Gilda, devant le dit bordel, pour lui montrer que l’amour de sa vie, subvient à des envies charnelles supplémentaires… dans d’autres bras… Pauvre loute.

Et malgré ça, Gilda, entendant que le Duc va être assassiné par le tueur à gages, sauf si l’assassin trouve un autre être à zigouiller, pour toucher l’oseille; décide alors, de se sacrifier… par amour. Pauvre loute…

Elle frappe à la porte du dit lieu de perdition, déguisée en homme, se sacrifie tel un agneau, pour son amant, et meure poignardée —

Rigoletto, paye son tueur à gages, entonne un chant de victoire, quand il découvre avec horreur, sa fille, mourante, qui lui demande pardon.

Et moi je suis sȗre, que le Duc, quand il va se rendre compte, qu’il a perdu sa Gilda, va être dévasté. Je suis une incurable romantique, je sais…

En quelques mots, voilà l’histoire. Ah la la la la la la….

La morale de l’histoire c’est… soyez gentils les uns avec les autres (le cynisme et la méchanceté, c’est pas une bonne idée…). Sinon ça vous retombe dessus, et votre prochain, ne vous voudra que du mal. Et vous perdrez vos proches, et eux, l’amour de leur vie.

Et enfin, ne pas oublier de vous parler des interprètes.

Rigoletto d’abord. Formidable, une très belle couleur, émouvant et cynique, le baryton géorgien George Gagnidze, au physique imposant, à la fois patibulaire et doux, était parfait dans ce rôle. Et particulièrement poignant, dans ses duos de père aimant, avec sa fille.

Gilda, interprétée par la très belle soprane russe Olga Peretyako, était particulièrement touchante dans le deuxième et le troisième acte, où il s’agit pour elle, de déclamer sa tristesse infinie. Et en vraie slave, elle faisait ça… à la perfection. Au premier acte, comme jeune femme pure, innocente et amoureuse, je la trouvais un peu nunuche. J’ai demandé l’avis (car je suis loin d’être une experte, sur ce que les hommes ressentent), d’un ami garçon, qui m’a dit… qu’il était d’accord avec moi. Ouf …Au moins on est deux :)… Et j’ai trouvé que, dans les aigus, elle n’était pas toujours à la hauteur, ils ne sont pas fastoches… Et préfère toujours, l’interprétation de Gilda par Diana Damrau, d’il y a deux ans …

Le Duc, interprété par le ténor américain Stephen Costello, était émouvant et viril — tout ce que j’aime, en homme amoureux, et aussi, comme être plus amoral et insidieux.

Le tueur à gages, Ferrando, la basse slovaque Stephan Kocan, était parfait en criminel de bas étage, froid et cruel, et néanmoins affectueux avec sa soeur.

Maddalena, la prostituée bien nommée, interprétée par la mezzo soprano suédoise et magnifique (qui ressemble donc à Anita Ekberg, en brune), était fantastique de sensualité, de chaleur, et de sex appeal. Vous n’avez qu’à demander aux hommes dans la salle :)…

Bref, tout ça pour dire que, malgré la noirceur et le cynisme de cette histoire, qui fait froid dans le dos, il y a également une légèreté, et par moments, des sentiments doux, qui valent le déplacement.

Et tout ça, me fait donc penser, qu’il faut faire attention à ses propres talents dans la vie, pour la vivre de façon riche, et s’entourer d’êtres bienveillants et aimants, pour s’épanouir le plus possible. Et du coup, c’est pour ça, comme je vous le disais plus tôt, dans ce long post, que je veux rendre hommage au chant “a capella”, qui demande de la part des artistes, beaucoup d’écoute, et de respect les uns des autres.

Et qui est source d’immense joie.

Car la joie, tout comme le véritable amour, et les bêtises échangées, avec les êtres aimés, c’est ce qu’il y a de mieux dans la vie.

Bon alors, du coup, changement de genre musical, pour nous remonter le moral, après cet opéra qui finit mal.

Je commence par un solo  “a cappella” de “soul”, qui m’impressionne énormément, parce qu’il s’agit d’une “cover” d’une des plus grandes chanteuses qui soit (Aretha Franklin), et que l’interprète n’est pas intimidée, pas une seconde, à cette idée. Et d’ailleurs, le chante avec une facilité, une dextérité, une âme, et une aisance, qui font plaisir à voir. Et je pense que c’est parce que, c’est une chanson qu’elle a apprise… il y a très longtemps.

Parce qu’en chant, ou en tous cas pour moi — un plaisir d’autrefois, est particulièrement savoureux, car fait appel de façon automatique, à des pans de mémoire qui ont stocké du bonheur oublié; qui d’un coup, se déverse tel un gigantesque bidon, de lait de ferme, encore tiède 🙂 — C’est trop bien :).

Et j’adore ses gestes de main, qui expriment, telle une vague, la musique qu’on chante tous, en silence, avec elle — Et puis, elle est carrément belle. Enjoy! Ca en vaut la peine… 

Joss stone — Natural woman — que j’aime mieux encore, que la version par Carole King, également sublime…

Cette deuxième chanson, c’est pour vous faire rire, et encore, je vous ai mis une version “PG”, de cette scène de douche, d’anthologie.

Pas tout à fait aussi phénoménale, que “Psycho” de Hitchcock, quand même.

Et c’est un genre très different– plus saphique entre autre — mais restez concentrés :), sur l’harmonie :), de ce duo “a cappella”, beaucoup plus intéressant à mon avis, que la version de départ de David Guetta: 

Titanium-Pitch Perfect

Celle ci, c’est pour rappeler aux êtres, d’oser prendre toute la place qu’ils méritent, sinon ça ne donne rien musicalement.

Et quand ils le font, c’est toujours bien, c’est gai, c’est beau.

Et observez l’immense joie … qui émane de toutes les chanteuses.

Alors, il ne faut pas hésiter… 

Bruno Mars by Pitch Perfect— 

Et cette chanson-ci, c’est aussi pour rappeler que toutes les performances comptent, car elles sont toutes uniques, et source de magie parfois.

Comme d’ailleurs, à y réfléchir, tous les rendez-vous dans la vie, avec des êtres chers; et en particulier, quand on peut faire de l’art ensemble.

A célébrer donc, car la vie est courte, et les instants de bonheur, souvent fugitifs.

Et qu’il est donc important, de s’en fabriquer le plus possible…

Et les plus spontanés, sont souvent les plus formidables, et les plus doux…

Cups by Pitch perfect— 

Cette chanson du groupe “a cappella” le plus doué, ces jours-ci, je trouve— m’enchante, car évoque à nouveau, l’importance de la capacité à rêver (une de mes grandes joies dans la vie).

Que c’est ça, le plus grand trésor dans la vie, et que même si on est pas très fortuné, tant qu’on a des amis, et la capacité à imaginer des rêves, et même les plus extravagants —par exemple, d’oser rêver de devenir le souverain d’un être aimé…c’est ça le plus exquis dans la vie…

Et je trouve leur version, mille fois plus gaie et riche, que celle de Lorde.

Royals by Pentatonix — 

Cette chanson m’enchante sur le fait que, de chanter des morceaux d’autrefois, de toutes les époques, est aussi réjouissant, que d’interpréter des tubes d’aujourd’hui.

Et évidemment, j’aime en particulier, les extraits des années 40 (qui prête au rêve par son côté farce), Johnny Cash (faut dire qu’il est génial), et de Queen (comme mon fils :)…

Evolution of Music by Pentatonix – 

Et enfin, ce “mix/mash up” de chansons à venir, m’enchante particulièrement, sur le fun que les ados peuvent avoir ensemble, de façon simple– et j’ai beaucoup chanté avec des copains, et en famille, pendant ma propre adolescence…D’ailleurs c’est pas fini :)…Plutôt que d’aller se pinter/se saouler (ça c’est après :).

Et s’impressionner mutuellement.

Et pour la fan de— Madonna, Pat Benatar— que je fus aussi, autrefois, et d’ailleurs, j’aime toujours :), c’est hyper drôle…

Et puis j’aime l’idée de chanson intérieure, par une des ados.

Car le silence, l’immobilité, c’est aussi important que la musique ou la danse —

Telle une respiration, une pause, pour savourer, avec plus d’anticipation encore, l’émotion, le mouvement, the “motion”,  le mystère, à venir.

Et évidemment les deux chansons qui me touche le plus, que j’aime le plus, c’est:

a) de Foreigner “Feels like the first time”— J’adore comment le héros déclame ça à l’héroïne, de façon spontanée et généreuse — D’accord, pour mes amis guitaristes– ça manque de guitares, mais, c’est quand même génial, et les paroles de cette chanson sont charmantes…

b) et aussi, j’adore évidemment de Blackstreet “No Diggity”, qui est non seulement géniale à chanter, mais encore plus… à danser—

Enjoy!

P.S: Il y a quelques moments sans son, et c’est voulu. Ne vous laissez pas impressionner plus que ça :)…

The riff off — Pitch Perfect 2— 

D’ailleurs — pour que vous puissiez entendre et voir, qu’effectivement, et combien, le piano apporte, et la vidéo aussi, à la chanson “No Diggity”, je vous mets le clip, qui nous rappelle avec justesse, que pour faire la fête comme il se doit, il est essentiel:

a) de ne pas oublier d’emporter, Mesdames, des minijupes et des genouillères, au cas où on tombe en panne sur l’autoroute, pour pouvoir avoir l’air cool, sur le tarmac.

b) Messieurs, d’apporter aussi avec vous, des salopettes en jean et blanches, et des jerseys de football américain— bien plus cools et plus conforts, que des “tuxedos”.

c) et puis aussi, de louer une “stretch limo”, pour picoler en chemin — Très très amusant, je vous assure :)…

Et puis, les paroles (celles qui sont compréhensibles :), sur le fait que la femme qui fait rêver le chanteur, est d’une beauté à couper le souffle: “a perfect 10”, qu’elle est sublime donc, qu’elle a de la classe et du style— sont donc des paroles, hyper réjouissantes — Et ça c’est trop gai :)…

Et tout ça, ça me fait penser, que c’est une version plus contemporaine de “Rigoletto”, de ce que le chanteur (le “Duc”) ressent pour sa “Gilda” à lui, quand il se l’autorise.

Et il a bien raison, c’est si gai de rêver… et puis aussi, et encore plus … d’aimer…